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EXPRESSIONS ! – Ou comment bien démarrer une séance studio

Ecrit par OLI4 le 8 janvier 2012
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Amis strobistes, badauds curieux et égarés du web, bonjour et bonne année 2012 !!

Après une petite pause, le blog reprend son rythme de croisière. J’ai déjà participé avec deux articles sous l’affriolant pseudo de « Joe la Bricole » et vais essayer, pour cette nouvelle saison, de participer plus régulièrement.

La photographie de studio est une discipline particulière qui présente des difficultés différentes de la photographie en extérieur. S’il n’est pas aisé de « diriger » un modèle en extérieur, ça l’est peut-être encore moins en studio, surtout lorsqu’on débute, que les accessoires ne sont pas légion et que la maîtrise de l’éclairage n’est pas encore parfaite (l’est-elle un jour ?).

En extérieur, les éléments présents aident à la composition, à la mise en scène et sont également un bon moyen pour le modèle d’interagir, de ne pas se sentir bête devant l’objectif.

En studio, c’est un face à face parfois périlleux, qui implique d’être proche du modèle : nous devons faire irruption dans son « espace vital », dans son intimité. Débutants ou non, si l’on excepte ceux qui ont la chance de ne travailler qu’avec des modèles pros, et même si les modèles sont des amis, il faut qu’une dynamique de confiance s’installe entre photographe et modèle pour que la séance se passe de manière détendue et qu’elle soit une réussite, un bon moment pour tout le monde.

Je vous propose donc un exercice très simple avec un setup peu exigeant et d’une efficacité surprenante que j’ai appelé « EXPRESSIONS ! ».  Cet exercice est donc axé 100% portrait, on l’aura deviné, parfait pour débuter une séance et mettre tout le monde à l’aise. Devant l’objectif, on se rend soudain compte qu’on a des bras, avec des mains au bout et soudain, on ne sait plus quoi en faire. On se sent pataud. Poses crispées. Expressions figées. C’est la cata. Il s’agit donc ici de se concentrer sur le fun et la spontanéité dans la pure tradition « photomaton ».

Configuration recommandée :

- appareil reflex
- focale fixe (50mm, 60mm, 85mm, 100mm suivant le recul dont vous disposez)
- fond papier blanc
- 2 flashs + softbox pour éclairer le fond
- 1 flash + modeleur pour le modèle (beauty dish)
- trépied
- tabouret

Configuration minimale :

- reflex entrée de gamme ou hybride
- objectif trans-standard type 17-55mm en APS-C ou 24-70mm en plein format
- mur blanc, tissu blanc
- 1 flash + softbox pour le fond
- un flash + modeleur pour le modèle (parapluie blanc, box, beauty dish)
- tabouret

Configuration utilisée (idem que le diagramme n°1 avec modeleurs différents) :

- Canon 5D Mark II
- Canon 100mm f/2.8L
- mur blanc
- 2 flashs studio 130W avec umbrella box pour le fond
- 1 flash studio 160W + beauty dish 45cm
- trépied
- tabouret

Il est évident qu’un modèle est recommandé dans chaque configuration. Si vous n’avez pas de modèle sous la main, donnez de votre personne. Utilisez le retardateur ou un déclencheur à distance et amusez-vous !

Bien évidemment, libre à vous de choisir une autre direction au niveau du traitement et du rendu final. Je vais cependant m’appuyer sur ma propre démarche. Comme je le dis souvent, et je le répéterai certainement à l’avenir, il reste nécessaire, selon moi, d’avoir en tête le type de rendu que l’on souhaite avoir au final, une fois les photos post-traitées.

En ce qui me concerne, je me suis inspiré d’un photographe que j’admire particulièrement : Hedi Slimane. Voici un lien vers quelques-unes de ses photos sur son FASHION DIARY. Comme vous le voyez, il utilise un éclairage latéral qui donne un meilleur modelé au visage. Je regrette de ne pas avoir été plus proche de sa technique et d’avoir pris le parti d’un éclairage peut-être trop direct. J’ai également opté ici pour un noir et blanc plus tranché.

Je pense que ce type de série gagne vraiment à être exploité en noir et blanc. Je conseille donc de faire la séance en RAW afin de garder une aisance de travail en post-traitement, mais en RAW noir et blanc pour vous faire une meilleure idée du résultat et du rendu de vos réglages sur l’écran du boîtier.

Maintenant, parlons un peu technique et réglages…

LE BOÎTIER :

Comme je l’ai dit plus haut, une focale fixe à partir de 50mm est idéale pour cet exercice. Non pas que les trans-standards soient mauvais, mais cela évitera de changer la longueur focale par inadvertance. Evitez également le grand angle pour les portraits si vous travaillez avec un trans-standard : la déformation nuirait à la qualité de ce type de photographie. Préférez les longueurs focales à partir de 40mm en APS-C et 50mm en plein format.

Il n’y a pas de règle stricte en ce qui concerne les ISO ou l’ouverture. Tout dépend également de la puissance des flashs. Partons du principe que la fourchette 100-200ISO est ce qu’il y a de mieux. Pour l’ouverture, la fourchette f/7.1-11 me semble également convenable, sachant que c’est justement à ces ouvertures que les optiques ont le meilleur piqué sur toute la surface de l’image. Il ne faut donc pas s’en priver sur des portraits qui doivent être dynamiques.

N’oublions pas que le temps d’exposition, le plus souvent, ne doit pas être plus court que 1/200s, pour que la synchro flash se fasse correctement. Si vous observez une bande noire ou un dégradé sombre sur un côté de l’image, inutile d’augmenter la puissance des flashs, les ISO ou l’ouverture : allongez juste un peu le temps d’exposition : 1/150s, 1/100s si nécessaire. La synchro se fera mieux sans incidence sur l’exposition globale du portrait.

LES FLASHS :

Pour cet exercice, je pense nécessaire d’obtenir un fond bien blanc, sans ombre portée.

J’ai expérimenté deux setups pour l’éclairage du fond :

- 1 flash 160W à 100% avec softbox 60x90cm posé au sol contre le mur et éclairant ce dernier par le bas : pratique lorsqu’on ne possède que deux sources lumineuses, mais risque de perte de luminosité sur le haut de l’image. C’est assez aisément corrigeable en post-traitement, mais autant se faciliter un peu la tâche à la prise de vue. (cf. diagramme 2)
- 2 flashs 130W à 75% avec umbrella-box à droite et à gauche. Je conseille d’ailleurs l’utilisation d’une softbox sur chaque flash, mais je fais aussi avec les moyens du bord. Avec une lampe de chaque côté, le blanc est uniforme et très lumineux. Exactement ce que nous recherchons ici. (cf. diagramme 1)

Nota bene : gardez en tête que le fond blanc – tissu, papier ou mur – est un réflecteur très puissant. Si les flashs sont trop forts et/ou si le modèle est trop proche du fond, le rendu de la chevelure sera carrément moche et vous perdrez de la matière au niveau de tous les contours qui vont être littéralement mangés et cramés. Je me contente de mes umbrella-box car elles envoient également de la lumière sur le côté, ce qui ajoute une back light intéressante au niveau de la chevelure, mais à doser avec plus de doigté qu’avec des softbox qui n’éclairent que le fond.


En ce qui concerne l’éclairage du modèle :
- 1 flash 160W à 50-75% avec beauty dish pour éclairer le modèle. Le bol beauté n’est en rien la seule option, mais celle que je préfère ici : lumière plus dure, plus contrastée, rendu plus piqué. Un parapluie ou une box feront également l’affaire avec un rendu quelque peu différent, plus doux.

Bien évidemment, le placement de ce flash est à votre discrétion. Avec un éclairage plus latéral, un réflecteur ou une autre source plus douce peuvent devenir intéressants pour déboucher certaines ombres.

Deux éléments n’ont pas encore été abordés : le trépied et le tabouret.

Ils sont là avant tout pour assurer un cadrage qui ne bouge pas d’un pouce. Le tabouret renforce l’impression « photomaton ». Même si on ne le voit pas, la position assise influe sur le reste.

Le trépied vous assure un cadre fixe dans lequel le modèle peut ensuite évoluer en approchant son visage, en sortant du cadre ou en entrant dans celui-ci. Si certains portraits sont efficaces seuls, c’est sur la série et l’enchainement que cet exercice prend son sens, son intérêt.

Après quelques portraits de test pour affiner les réglages, il ne reste plus qu’à trouver des expressions, sentiments, grimaces ou tout ce qui vous passera par la tête pour avoir un large panel de photos qui formeront une série qui, je vous le garantis, va détendre l’ambiance vite fait bien fait !

Voilà.

Je cause, je cause, mais il est temps que je cesse de déblatérer. J’espère que ce petit exercice décrit de manière assez exhaustive aura éveillé votre intérêt et votre créativité ! N’hésitez pas à nous transmettre votre résultat si vous vous y essayez.

A la prochaine et faites chauffer vos flashs ;)

OLI4

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