Chercher la petite bête…

Ecrit par Pitcher le 13 février 2012
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Depuis quelques temps, on assiste à une nouvelle mode photographique : des hyménoptères*, des diptères* et des lépidoptères* en tous genres collés sur le visage de modèles. Évidemment, plus le modèle est beau et élégant, voire connu et adulé, mieux c’est !
Ainsi Rancinan recouvre Monica Belluci de mouches assez trash ; avec plus de sensualité Sean & Seng s’attaquent à Lena Del Rey ….et cette fashion manie se déploie dans la sphère des jeunes photographes émergents du web….

Dernièrement je me suis rendue chez Deyrolle (célèbre enseigne naturaliste parisienne) pour y acheter de beaux papillons naturalisés. Évidemment j’échange avec la vendeuse (je raconte toujours ma vie aux vendeuses); je lui explique que je compte faire des photos en les utilisant comme des bijoux de peaux…et elle me répond que je suis la 4ème photographe ce mois-ci à lui parler de ce genre de projets…
Ah  ben zut alors….

Alors, est ce la faute à Rancinan si je rêve de coller un papillon sur chaque joue de mes modèles pour l’assortir à sa robe et à ses escarpins ?
Il semblerait que l’on doive chercher un peu plus loin….chez le français Guy Bourdin, plus précisément…

Si l’on considère le fait d’être imité comme la forme ultime de la gloire, Guy Bourdin est probablement le photographe publicitaire les plus adulé des quarantes dernières années.
Connu surtout pour ses images de mode parues dans Vogue dans les années 1970,son parcours photographique, composé d’images sophistiquées, graphiques, aguicheuses, voire scandaleuses inspire aujourd’hui encore de nombreux photographes de mode.

Moins connu que William Klein ou Helmut Newton, Bourdin colle au même mouvement surréaliste. Mais jamais il ne deviendra un vrai « label ». Cette méconnaissance n’est pas due au hasard puisqu’il refuse d’exposer ou de vendre ses photographies de mode comme des épreuves indépendantes. D’après ses proches : « Guy voulait effacer toute trace de son existence ».

Les images de Bourdin trahissent deux obsessions évidente : le sexe et la violence. Francine Crescent, ancienne rédactrice en chef de Vogue, qualifie même l’artiste de visionnaire :
« Le travail de Guy Bourdin traite de la vie. Il savait avant tout le monde que le sexe et la violence allaient devenir les facteurs les plus importants de notre société. Mais je ne pense pas que ce qui l’intéressait, ce qu’il voulait décrire, c’était la vie. »

Précision millimétrée des cadrages, attention portée aux détails,  saturation des couleurs et omniprésence du rouge, mise en scènes sophistiquées des modèles : tout renvoie au septième art.
Le mystère et le malaise qui découlent de ses images rappellent les films de David Lynch: esthétiquement proches de la perfection, jamais limpides sur le fond.

Soyez sages!
Pitch ;)

*Math et moi avons décidé de vous faire réviser vos basiques de 4ème , brevet blanc à la fin du mois !

Une Response pour “Chercher la petite bête…”

  1. avatar Stephane P dit:

    bzzz, merci pour ce post miss butterfly!! J’adore les sats des couleurs dans ces images!!

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