Les astuces de Joe la bricole: Le salon du portrait
Ecrit par BKsR le 13 mai 2011A peine parti, le voilà déjà de retour…

Joe la Bricole fait donc son comeback et nous propose aujourd’hui un nouvel atelier: le salon du portrait.
Il a cette fois-ci refourguer ses fleurs pour un tout autre style de plante et nous propose un petit cours théorique et pratique sur la création d’un clair-obscur.
Laissons donc la parole à cette crapule!!!
Atelier n°2 : « le salon du portrait »
Amis lecteurs assidus de ce blog, Joe vous salue !
Au cours du premier atelier, nous avons vu qu’il est possible de jardiner en studio à moindres frais. Aujourd’hui, ce 2è atelier vous propose de vous confronter à un autre type de plante : le modèle. Vision réductrice ? Sexiste ? Nenni. Que non pas. Et puis un modèle peut aussi être un homme, non mais ! Comme la fleur dans la rosée du matin, le modèle est un être délicat qui, pour révéler sa beauté, doit être abreuvé de lumière. Et c’est bien là que vous entrez en scène en vous posant diverses questions fondamentales :
- Une bonne lumière… combien que ça va donc me coûter encore cette affaire-là ?
- Et comment je la gère, moi, cette foutue lumière ?
- Est-ce que tout se joue à la prise de vue ?
- Quel rôle joue le post-traitement ?
- Où puis-je trouver un modèle ?
- C’est bien beau tout ça, mais je n’ai pas de studio… comment je fais ?
Autant de questions auxquelles cet atelier va tenter d’apporter des réponses tout en vous donnant la possibilité de vous exercer un peu. Bah quoi, pensiez quand-même pas rester là les bras croisés, si ?! Bref, vous aurez une partie théorique et un petit exercice pratique à réaliser pour vous faire la main si vous le souhaitez.
Le salon du portrait… Un titre un brin pompeux me direz-vous. C’est pas faux. Mais voilà, il faut bien attirer le badaud, capter l’attention du chaland, éveiller l’intérêt du flâneur du web que vous êtes. De fait, cet atelier aurait pu s’appeler « portrait de salon ». Voilà qui répond à la dernière question : vous n’avez pas de studio ? Investissez le salon ! Vous n’avez pas de salon ? Déménagez.
ETAPE 1 : faire le plus… avec le moins.
Loin de moi l’idée de retirer leurs lauriers aux professionnels et autres amateurs bien équipés. Il va de soi qu’une belle photo, techniquement réussie, même dans un studio équipé de matériel haut de gamme, demande travail, maîtrise et coup d’œil assuré. Mais alors je le répète : qu’advient-il de nous, pauvres diables ? Comment vaincre cette frustration quotidienne ? Comment dépasser une timidité certaine et se dire « allez, je tente le coup » ?
Pour ce clair-obscur, plusieurs solutions d’une simplicité déconcertante s’offrent à vous :
- 1 flash studio avec softbox/parapluie (compter une 100aine d’€ pour un modèle basique) OU 1 flash cobra (une 50aine d’€ en occasion, câble synchro peut s’avérer nécessaire)avec softbox/parapluie + fond noir en tissu (3€/mètre)
- 1 flash studio avec softbox/parapluie OU flash cobra avec softbox/parapluie SANS fond noir
- une lampe halogène de chantier avec diffuseur/softbox bidouillé
Le kit retenu pour cet atelier :
- flash studio 160W
- parapluie doré
- et c’est tout
Pour me faciliter la tâche, j’aurais pu/dû utiliser un fond noir. Sans ce fond, le post-traitement devient très utile pour la retouche de l’arrière plan disgracieux, même si les éléments perturbateurs sont peu nombreux. Dans ce cas, il vaut mieux être à bonne distance des éléments d’arrière plan et limiter le nombre d’objets parasites.
ETAPE 2 : les réglages
C’est là que ça se complique. Certainement plus que le portrait classique, le clair-obscur – comme le high key ou d’autres techniques – demande un peu plus de doigté : il s’agit de bien placer sa lumière et de trouver la symbiose puissance flash/sensibilité/ouverture pour avoir des zones claires qui conservent le grain de peau sans être surexposées (le temps d’exposition ne joue pas réellement de rôle si vous ne travaillez pas en lumière continue).
Pour ce portrait, mes réglages étaient les suivants :
- flash 160W avec parapluie doré, puissance à 75% :
Placé relativement près du modèle pour éviter une lumière trop diffuse, même pour un post traitement noir et blanc, je préconise le parapluie doré qui, je trouve, révèle un grain de peau que je trouve très agréable et confère même une certaine douceur et même une chaleur à l’ensemble.
- mesure de lumière centrale :
De cette manière, vous pouvez faire la mesure de lumière sur la partie éclairée du visage, ce qui vous aidera à conserver une texture de peau appréciable, à condition bien sûr que la puissance du flash et l’ouverture du diaphragme soient bien dosés !
- iso 200 :
Tout simplement parce que le E-30 révèle un meilleur piqué à 200iso. Si vous bossez en lumière continue, n’hésitez pas à monter à 400iso pour éviter un temps d’exposition trop long et un flou de bouger.
- f13 :
Pour les prises de vue avec flash studio, suivant le nombre de sources et leur puissance, je choisis généralement une ouverture entre f7.1 et f11. En lumière continue, je privilégie les grandes ouvertures : lumière plus douce, profondeur de champ plus libre. Bon, là; j’ai effectivement fermé un peu plus pour m’adapter au flash, un peu trop puissant et proche. Comme quoi…
- 1/200s :
Pour un temps de synchronisation flash correct.
- 35mm (70mm en 24×36)
ETAPE 3 : traiter l’image
Si vous avez réussi vos réglages à la prise de vue, le travail à fournir en post traitement sera minime. Tout ne se joue pas à la prise de vue, mais je pense qu’il est plus intéressant de soigner la base du travail pour que le pos-traitement n’intervienne que pour souligner une ambiance. Avec un peu d’expérience tant à la prise de vue qu’avec votre logiciel de retouche, il devient assez aisé de se représenter le résultat final dès la prise de vue et de préparer son setup de manière optimale pour minimiser le travail en post prod.
Dans ce cas, j’ai simplement appliqué mon réglage « faux noir et blanc parapluie doré à la TD » dans Lightroom. Je l’ai adapté sur quelques points à la photo et ai finalisé avec une retouche sélective de l’arrière plan pour unifier le noir tout en améliorant certains contours du visage. Au niveau des adaptations du réglage de base, j’ai mis l’accent sur les points suivants :
- noirs
- luminosité
- contraste
- courbe
- grain


ETAPE 4 : parfaire la composition
Ceux qui me connaissent savent que je suis un abonné du format carré. Je pense que ce portrait, dans la structure que j’ai choisie, illustre bien ce que le carré peut apporter. Etant donné que le cadrage original ne permettait pas de recadrer directement le carré, il aura fallu compléter l’image, ce qui est assez simple. Le tracé de la structure vous montre que j’ai fait en sorte de m’approcher au mieux de la règle des tiers en plaçant le regard sur un point dynamique de la photo et en dirigeant le regard vers l’angle opposé. Je n’ai pas effectué le tracé mathématique, mais on voit qu’à peu de choses près, on tombe dans la grille !

Les plus important sur un clair-obscur est le dosage des hautes et basses lumières pour ne pas cramer certaines zones, ne pas en boucher d’autres tout en conservant un joli dégradé des zones lumineuses vers les zones sombres.
Pas de solution miracle ici, votre sensibilité et votre goût esthétique joue un rôle de premier ordre ici. Sur une même photo, nombreux sont les traitements possibles. Je ne fais que vous en proposer un parmi tant d’autres.
Si l’envie vous prend de faire quelques essais, la photo originale, brute de capteur, avec toutes ses imperfections et éléments parasites en arrière-plan ainsi que le réglage Lightroom maison sont disponibles en téléchargement.
Si vous voulez vous exercer plus avant avec vos propres photos et si vous n’êtes pas familiers des réglages Lightroom, exercez-vous avec celui fourni ici ou avec certains presets du logiciels (j’ai un faible pour le preset « crème » qui est d’ailleurs la base que j’ai utilisée pour arriver peu à peu à ce traitement perso que j’affectionne particulièrement. Car enfin, il est tellement plus agréable et passionnant de pouvoir donner touche toute personnelle à ses photos !
Eclatez-vous bien !
PS : une question est restée sans réponse… « Où puis-je trouver un modèle ? » Eh bien c’est à vous de voir : famille, amis, connaissances plus vagues, c’est le mieux pour commencer. Après, vous pouvez vous la jouer à la Pitcher et recruter dans la rue, les transports publics et les commerces…
Merci Olivier… heu Joe





Le 17 mai 2011 a 22 h 05 min
rha toi ausi tu fais des traits de compo sur tes photos :p
Le 18 mai 2011 a 0 h 18 min
Bah ouais ! Et j’avoue que j’ai pensé à toi en préparant la version « structurée ». Si cela coule de source avec un peu d’expérience, cela peut donner des pistes aux néophytes, tout comme cela m’en a donné au début.
Le 9 juin 2011 a 7 h 55 min
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